Quelle est la différence entre art martial et sport de combat ?

Arts martiaux et sports de combat sont souvent confondus, pourtant ces disciplines présentent des différences fondamentales dans leurs origines, leurs objectifs et leur pratique.

Entre tradition millénaire et modernité, philosophie et performance sportive, découvrons ce qui distingue véritablement ces deux approches du combat codifié.

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Origines et évolution historique : deux chemins distincts

À la base, les arts martiaux traditionnels connaissent une histoire différente de celle des sports de combats tels qu’on les découvre aujourd’hui.

C’est à l’Inde qu’on attribue la paternité des arts martiaux entre le 5ème et le 3ème siècle avant Jésus Christ.

De l’Inde, ils seront exportés par le moine Bodhirama (fondateur de l’école Chan ou Zen en Japonais) vers la Chine pour être développés dans tout le reste de l’Asie.

Selon certaines représentations littéraires et ornements de supports artistiques chinois, le début du développement des arts martiaux dans ces civilisations aurait débuté au cours du 6ème siècle en Chine.

À l’époque du traité de l’Art de la guerre, lorsque la Chine était peuplée de plusieurs états en guerre permanente, les batailles avaient lieu sur des grandes plaines avec des paysans peu entrainés qui mouraient au front.

Pour limiter les morts, les moines ont dû apprendre à se défendre par les arts martiaux qui combinent exercice physique et pratique de la méditation. 

origines et evolution historique deux chemins distincts

Quant aux sports de combat, leur histoire remonte à l’Antiquité avec la lutte pratiquée en Egypte, en Grèce et en Rome.

D’autres formes de sports de combat à l’instar du pancrace vont voir le jour et se développer jusqu’aux MMA qu’on connait aujourd’hui.

origines et evolution historique deux chemins distincts 2

Philosophie et objectifs : au-delà de la technique

Au-delà de leur développement historique, les arts martiaux et les sports de combats se distinguent par la philosophie qui les fonde, leurs valeurs et leurs finalités.

D’une part, on a les sports de combat, centrés davantage sur l’aspect compétitif qui visent pour le combattant de parvenir à une victoire sur son adversaire dans un cadre réglementé, par des techniques de frappe ou de préhension.

Les arts martiaux et les sports de combat diffèrent par leur philosophie et leurs valeurs.

De l’autre côté, on a les arts martiaux traditionnels asiatiques (karaté, aïkido, taekwondo, judo…) qui se focalisent sur la culture et la spiritualité.

Contrairement aux sports de combat, ils ont pour objectif premier l’épanouissement personnel du pratiquant qui travaille à l’équilibre entre son esprit et son corps par des techniques de combat et surtout le développement de valeurs comme le respect, la discipline et la maîtrise de soi.

Cette distinction de fondements et de finalité est essentielle lorsqu’on compare ces deux groupes de disciplines.

philosophie et objectifs au dela de la technique

L'aspect compétitif et sportif : une approche moderne du combat

Que ce soit dans les arts martiaux traditionnels ou les sports de combats, la compétition occupe une place importante.

Les compétiteurs sont appelés à s’affronter dans des cadres réglementés. Selon que vous pratiquez un sport de combat ou un art martial d’origine asiatique, les règles de compétition vont différer.

La philosophie de base et les finalités des deux étant différentes, les règles de jeu sont toutes aussi différentes. Il n’est donc pas simplement question de prendre le dessus sur l’adversaire mais de le faire suivant les règles de l’art.

aspect competitif et sportif une approche moderne du combat

Les règles et codes : différences fondamentales

Les règles de jeu sont l’élément principal qui distingue les arts martiaux et les sports de combat modernes.

Dans les sports de combat, à l’instar de la boxe, le but, c’est de toucher avec les poings (uniquement) sans se faire toucher.  Dans d’autres, on utilise les pieds également.

Pour gagner, le combattant doit mettre son adversaire K.O. À défaut d’un K.O, il faut le toucher le plus de fois (avec des dégâts si possible). Les combattants s’affrontent ainsi sur le ring au cours des rounds de 3 minutes en moyenne (12 au total en boxe anglaise).

Pendant le round, l’arbitre sur le ring annonce le début et la fin du combat, donne les pénalités et s’assure du respect des règles (coups délivrés poings fermés avec le dessus des gants, coups au-dessus de la ceinture…). 

regles et codes differences fondamentales

Dans les arts martiaux asiatiques, le combat a lieu sur un tatami et obéit à des règles spécifiques.

Au Taekwondo par exemple, un combat est composé de trois rounds d’une à deux minutes chacun. Il s’achève lorsque le vainqueur a cumulé plus de trois points. Voici quelques règles à maîtriser :

Types de gestesGestesSanctions/ Points
Gestes autorisésCoup de pied direct sur le casque3 points
Coup de pied direct sur le plastron2 points
Coup de pied retourné sur le casque5 points
Coup de pied retourné sur le plastron4 points
Coup de poing direct sur le plastron1 point
InterditsLever sa jambe sans attaquer puis la reposerPénalité
Attaquer sous la ceinture
Toucher le visage de l’adversaire
Attaquer et tomber au sol
Sortir du tatami
tableau les regles et codes differences fondamentales
regles et codes differences fondamentales 1

L'entraînement et la préparation : deux approches distinctes

La préparation des combattants dans les arts martiaux traditionnels et les sports de combats présente des différences notables.

La préparation diffère entre arts martiaux traditionnels et sports de combat.

Dans les sports de combats modernes, l’objectif des entraînements est le renforcement musculaire et le cardio. Le pratiquant suit un programme de conditionnement physique séparé en plusieurs phases.

En fonction de la phase où on se trouve, on oriente le pratiquant sur l’intensité des exercices. Après la mise en train, on passe à une phase technique constituée d’exercices intenses avec ou sans entraineur.

entrainement et la preparation

Dans les arts martiaux asiatiques, on n’a pas affaire à un simple apprenant, mais à un disciple.

Il n’apprend pas simplement à donner des « mawashi guerri » par exemple. L’apprentissage s’intéresse aux gestes techniques mais aussi à une discipline, aux traditions et à des gestes cultuels.

Sur le tatami ou le dojo, l’élève apprend d’abord une gestuelle propre à la culture asiatique :

Rituel ou mouvementSignification
Le Dohyo-iri (entrée sur le ring de Sumo)Honneur aux divinités
Le Ritsu-reiBon état d’esprit du lutteur à son entrée sur le Dojo
Za-reiMarque de confiance et d’humilité d’un apprenant sur le Dojo face au Sensei
Le MokusoAppel à l’éveil silencieux du pratiquant
AnzaPosition méditative du Bouddha
Le Hashi-ji-dachiPréparation à l’exécution d’une technique au début ou à la fin d’un kata
ZazenMaitrise de la concentration mentale pour atteindre l’éveil intérieur
tableau entrainement et la preparation deux approches distinctes
entrainement et la preparation deux approches distinctes

Côté progression, elle se fait selon le système de Dan qui ont chacun une signification particulière :

  • Premier dan : étudiant, niveau le plus bas ;
  • Deuxième dan : disciple ou omote ;
  • Troisième dan : confirmé ;
  • Quatrième dan : expert, initié à la maîtrise ;
  • Cinquième et sixième dan : qualifié pour enseigner la discipline ;
  • Septième et huitième dan : le kyoshi ;
  • Neuvième et dixième dan : celui qui a tout reçu de la discipline et peut tout donner.

Ce n’est pas le cas dans les sports de combat où la progression est généralement liée au profil du pratiquant et des duels remportés.

La self-défense : perspectives différentes

Le self-défense ou défense personnelle renvoie à la maîtrise de techniques de combat pour faire face aux agressions physiques.

Si elle est enseignée dans les arts martiaux et les sports de combat, son approche est différente.

Dans les arts martiaux asiatiques, on porte une attention particulière au respect de l’adversaire dans la défense personnelle.

L’objectif du self défense est de faire cesser l’attaque avant d’être maîtrisé, blessé ou même tué, le plus rapidement possible.

Pendant l’entrainement, les règles de sécurité sont respectées (utilisation d’armes factices, port de protections…). Lors de l’application, ces règles sont mises de côté pour une réponse proportionnée à l’attaque. 

Dans les sports de combat modernes, la défense personnelle ne fait pas partie de la philosophie de base.

Orienté vers la compétition, le pratiquant met l’accent sur des techniques de combat efficaces et codifiées. Celles-ci peuvent donc lui servir en cas d’agression.

self defense perspectives differentes

Les disciplines hybrides : quand art martial et sport de combat se rencontrent

De plus en plus, la ligne de démarcation entre les sports de combats et les arts martiaux traditionnels devient mince.

Entre ces deux groupes de disciplines, on observe une fusion qui donne lieu à une approche nouvelle des sports de combat.

L’exemple le plus typique est celui noté avec l’essor des arts martiaux mixtes (MMA, mixed martial arts en anglais). Il s’agit d’un sport de combat avec contact qui s’appuie sur une variété de techniques de combat et de compétences issues de plusieurs sports et arts martiaux.

Dans ce sport de combat hybride, les techniques appliquées sont tirées du karaté, de la boxe, du judo, de la lutte, du jujitsu, du Muay Thai et bien d’autres.

Dans cette catégorie, on retrouve le sambo combat et le sanshou qui comme d’autres MMA, ont été promu depuis le début du 21ème siècle par l’UFC (Ultimate Fighting Championship).

Les sports de combat hybrides sont désormais des sports de spectateurs qui connaissent une forte croissance.

disciplines hybrides quand art martial et sport de combat se rencontrent

Le choix de la pratique : critères de décision

Si vous êtes passionné par les sports de combat, il peut vous être difficile de faire le choix entre arts martiaux et sports de combat modernes.

Le premier critère de choix qui doit vous guider dans ce sens, c’est votre objectif dans la pratique.

Choisir entre arts martiaux et sports de combat modernes peut être difficile.

Si vous cherchez une pratique qui combine préparation physique, self-défense, philosophie de vie, maîtrise de soi et respect du corps, privilégiez un art martial traditionnel comme l’Aikido, le Kung-fu ou le Karaté.

Par contre, si vous cherchez un sport pour améliorer votre physique rapidement, canaliser votre stress en vous défoulant un sport de combat comme la boxe. À côté de vos objectifs intéressez-vous :

  • Aux moyens dont vous disposez ;
  • À vos antécédents médicaux ;
  • À la possibilité de pratiquer l’activité près de chez vous ;
  • À votre condition physique.

Entre sport de combat et art martial, votre choix devra porter sur la discipline qui apporte l’équilibre entre votre corps, votre esprit.

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